17 décembre 2006

Un Noël gourmand mais écocitoyen


Après l'article, "Offrir un peu de soi à Noël", je vous propose de réfléchir à un "autre" Noël, cette fois-ci du côté de notre assiette. Une assiette plus soucieuse notamment du sort de notre environnement et des animaux.
Démystifions donc les plats traditionnels et cherchons des alternatives plus écologiques et moins cruelles.

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LA DINDE

Comme les poulets, les dindes élevées dans le circuit industriel traditionnel sont entassées dans des locaux et ne voient jamais la lumière du jour. Même si, contrairement aux poules, elles ne sont pas enfermées dans des cages, elles sont serrées les unes contre les autres et ne peuvent se déplacer sans effort. La dinde de Noël a un peu plus de chance puisqu'elle est élevée en hangar ouvert mais toujours dans des effectifs rendant pénible le moindre mouvement. Comme les dindes, au contact trop rapproché de leur congénères, deviennent agressives et se mutilent entre elles, il est courant qu'elles soient débecquées. Le contexte d'élevage entraîne asphyxies et maladies qui seront soignées aux antibiotiques (antibiotiques qui se retrouveront donc dans votre assiette). Conditions de transport et d'abattage, parce que guidées par la loi du rendement, sont toutes aussi cruelles. Les dindes meurent en chemin ou agonisent longtemps avant de mourir.
Oies et chapons sont également concernés.


LE FOIE GRAS

Encore des volailles aux conditions d'élevage inacceptables... Parce que les images parlent souvent plus que les mots, jetez un oeil à cette vidéo. Pour graisser le foie d'un canard, on enfonce un tuyau dans sa gorge jusqu'à son estomac pour lui faire ingurgiter de force le dixième de son poids en nourriture hyper-énergétique et ce, en moins d'une minute, deux fois par jour, engendrant chez l'animal troubles digestifs, respiratoires et diverses maladies. Les conditions d'hébergement, de transport et d'abattage sont similaires à celles de la dinde. Un canard gavé meurt prématurément 8 fois plus qu'un canard élevé sans gavage.


LE SAUMON FUME

La pêche intensive pille les océans et les rivières de ses richesses. Elle déséquilibre l'écosystème en détruisant faune et flore aquatique. Les filets de pêche détruisent les fonds marins et étouffent oiseaux et poissons non destinés à la consommation. Les bateaux polluent.
La chair des saumons de la Mer Baltique contient des métaux lourds en raison de la pollution des eaux. D'abord interdits à la consommation, la CEE est revenue sur sa décision et autorise la consommation des poissons au poids inférieur à 5kg (plus ils sont gros, plus ils contiennent de métaux lourds).
Le nombre de saumons sauvages est en constante diminution. Et le saumon d'élevage, enfermé dans des cages, gavé (exposé constamment à la lumière, il mange la nuit comme le jour) à base de poisson sauvage (qu'il a bien fallu pêché !) et soigné aux antibiotiques, pollue l'océan en rejetant des excréments trop acides qui attaquent les organismes vivants environnants. Pollution qui tue donc ses congénères sauvages.
En circuit industriel conventionnel, les filets de saumon sont souvent salés à l'aide de seringues qui leur injectent de l'eau salée (qui gonflent le poisson) et parfois couverts de fumées liquides au lieu de subir un fumage.


Qu'est-ce qu'on fait ?

On jette un oeil et on s'inspire du menu de fêtes végétarien de Cléa, de celui de la belle au Blé dormant, et de celui du végétarien lillois. D'autres idées de menu sur Ma cuisine végétarienne gourmande et sur le site de l'Alliance Végétarienne. On peut aussi consulter le livre "Fêtes bio" de Valérie Cupillard.
Sino, on peut toujours limiter les dégats en optant pour une volaille bio (effectif réduit, lumière naturelle, alimentation bio, accès à l'extérieur, antibiotiques et hormones de croissance interdits, durée de vie rallongée) et en envisageant un saumon fumé bio (élevage plus respectueux de l'environnement, de la reproduction des poissons, interdiction des antibiotiques, nourrissage bio, fumage à froid). Par contre, même non-végétarien, on fait au moins un geste en refusant le foie gras et en signant le manifeste contre le foie gras,



Sources

L'élevage industriel des volailles
La dinde biologique sur le site de la PMAF
Foie gras et gavage sur le site de la PMAF
Campagne anti-foie gras sur le site de One Voice
Entretien avec Antoine Iriate, éleveur de saumon bio
"Et ta mer t'y penses ?", fascicule de Greenpeace sur les poissons menacés d'extinction

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2 Comments:

Anonymous Nico said...

d'autant que le foie gras en plus c'est pas bon.

Par contre pour le saumon, vraiment, non ?
Beurk alors.

18/12/06 22:40  
Anonymous lobita said...

Bravo la Griotte, aux armes! Le "succulent" foie gras n'est qu'un organe malade, si ça vous dit de manger une tumeur, bon appétit... quant aux saumons, ils sont hélas élevés aux antibiotiques! Votre table de Noël est un hôpital! Et si on s'empiffrait moins et on partageait un peu plus?

22/12/06 18:14  

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